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FranceSurprise au Palais-Bourbon: La droite et le RN ont voté avec les macronistes

France / Surprise au Palais-Bourbon: La droite et le RN ont voté avec les macronistes
341 des députés ont voté pour la loi sur la défense du pouvoir d’achat à l’Assemblée nationale Photo: AFP/Christophe Archambault

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Le gouvernement français a obtenu, hier matin vers 6 heures, après quatre journées et une ultime nuit de débats souvent très houleux, un vote largement plus positif que prévu sur son projet de loi concernant la défense du pouvoir d’achat des Français. Le texte a en effet été adopté par 341 voix contre 116, avec 21 abstentions.

C’est incontestablement un succès pour la stratégie définie par la première ministre Elisabeth Borne lors de sa déclaration de politique générale du 6 juillet: celle qui, faute d’une majorité absolue dont l’exécutif avait largement usé, voire abusé, lors du quinquennat précédent, consiste à rechercher, au prix de compromis, des soutiens de circonstance sur tel ou tel projet de loi.

Et ce projet-là n’était pas anodin. D’abord parce qu’il s’agissait, après de mauvais débuts sur des mesures sanitaires, du premier grand texte gouvernemental depuis le chamboulement parlementaire issu des législatives de juin. Ensuite parce qu’il devrait conditionner largement l’action gouvernementale des prochains mois, face à la crise économique et sociale suscitée par l’inflation. Or les chiffres le montrent: ce succès est large, sans doute bien plus qu’on n’osait l’espérer à l’Elysée ou à Matignon.

Si on le détaille un peu au regard de l’arithmétique parlementaire, que constate-t-on? D’abord qu’un large contingent des élus de la droite modérée, mais aussi du groupe lepéniste, a finalement voté pour, malgré de nombreuses critiques. Cela n’aura été, après tout, que la mise en application de déclaration venue de ces deux groupes, LR et RN, sur le thème: „Nous restons résolument dans l’opposition, mais une opposition qui se veut constructive, et donc nous pourrons voter ce qui nous semblera aller dans le bon sens.“

Le jeu des lepénistes

Ensuite que ce renfort de l’extrême droite, qui pourrait faire figure de cadeau empoisonné à la majorité relative macroniste, n’était pas indispensable à l’adoption du projet de loi gouvernemental. Ce qui est une d’autant meilleure nouvelle que la Macronie avait exclu d’avance toute coopération avec le Rassemblement national.

En fait, le jeu des élus lepénistes illustre la volonté du RN de se positionner de plus en plus, fût-ce subrepticement, comme un parti de gouvernement – pas aujourd’hui, certes, mais à plus ou moins long terme – plutôt que comme cette force radicalement hostile au „système“ qu’avait voulu fonder, incarner et diriger le père fondateur, Jean-Marie Le Pen. Même s’il lui reste encore bien du chemin à parcourir, sa fille se rêve manifestement plus, désormais, en possible Margaret Thatcher à la française qu’en éternelle opposante de choc, et moins encore en pasionaria fascisante.

Du côté de la Nupes de Jean-Luc Mélenchon, le bilan de ce débat emblématique est plus mitigé. Le côté paradoxalement positif est que seule la gauche sera apparue, si ce n’est durant ces interminables séances, mais du moins dans le vote final, comme la seule opposition frontale et résolue à tout projet macroniste, même en faveur du niveau de vie des Français. Il lui sera plus facile ensuite de dénoncer dans son grand rival populiste du RN un allié inavoué du vainqueur de la présidentielle, et les commentaires des élus mélenchonistes, hier, allaient tous dans ce sens.

Etape suivante: le collectif budgétaire

Pour autant, La France insoumise et ses renforts plus ou moins contraints n’auront pas obtenu grand-chose, malgré les incidents de séance qu’ils ont multipliés. Pour l’instant – mais la législature ne fait certes que commencer – l’opposition systématique, pavlovienne, que Mélenchon exige de ses troupes, ne semble vraiment pas leur rapporter les avancées escomptées.

Car toutes les grandes lignes du plan gouvernemental en faveur du pouvoir d’achat ont été adoptées. Ainsi du doublement, voire du triplement, du plafond de la „prime Macron“ dans les entreprises; de la limitation de la hausse des loyers à 3,5 % (soit sensiblement moins que l’inflation); de la revalorisation des retraites et prestations sociales; de la „déconjugalisation“ de l’allocation accordée aux adultes handicapés, dont le montant devient donc indépendant des ressources du conjoint (pour le coup, même la Nupes n’a pas osé voter contre). Et quelques autres encore, comme une plus grande facilité pour résilier des abonnements, Internet notamment, qui peuvent se révéler trop coûteux à l’usage.

Cela dit, à l’intérieur de la Nupes, certains élus socialistes et communistes ont commencé, sur certains articles comme dans le vote global, à manifester leur liberté de choix. Mais il en faudrait davantage pour que l’on puisse parler de véritables fissures. La question étant de savoir comment va se dérouler un autre vote crucial sur lequel a aussitôt enchaîné l’Assemblée française: celui qui portera sur le „collectif budgétaire“, autrement dit les correctifs apportés au budget en cours.