Les propos de M. Macron étaient très attendus par différentes catégories de Français, et pour différentes raisons. Il y avait d’abord, bien sûr, l’espoir – confirmé hier soir – de pouvoir, y compris à Paris et dans sa région, de renouer avec une vie complètement normale. Mais les milliers de restaurateurs et cafetiers de la capitale, et d’une manière plus générale les professionnels du tourisme, ont poussé hier soir un immense soupir collectif de soulagement: leur saison a ainsi retrouvé, assurent les plus optimistes, une chance d’être sauvée.
On attendait aussi le président de la République sur les récentes manifestations – encore très fournies à Paris samedi – contre la police, accusée par les protestataires d’imiter son homologue américaine en fait de violence et de racisme. Emmanuel Macron a tenu à rendre hommage au travail des forces de l’ordre, „piliers de l’ordre républicain“, et qui „sont exposées à des risques quotidiens en notre nom, ce pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation“. Et à aucun moment de son discours il n’a parlé de „violences policières“, encore moins d’éventuels comportements à caractère raciste dans la police.
Cependant, a-t-il insisté, d’une manière générale „nous serons intraitables face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations, et de nouvelles décisions fortes pour l’égalité des chances seront prises. Mais ce noble combat (…) est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes. La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire, elle n’oubliera aucune de ses œuvres et ne déboulonnera pas de statues. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier pour bâtir un présent et un avenir possible.“
Pas d’augmentation des impôts
Evoquant, non sans une certaine autosatisfaction, l’ampleur – certes impressionnante – des différentes mesures prises par l’Etat pour aider les entreprises comme les salariés face à la mise en panne de l’activité économique du fait de l’épidémie, le président Macron a précisé: „Ces quelque 500 milliards d’euros que nous avons mobilisés face à la crise se justifiaient en raison des circonstances exceptionnelles que nous venons de vivre. Mais ils sont venus s’ajouter à notre dette déjà existante. Pour autant, nous ne financerons pas ces dépenses en augmentant les impôts.“
Sans entrer dans le détail des faux-pas des pouvoirs publics face au coronavirus, le président de la République a globalement estimé: „Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays. Bien sûr, cette épreuve a aussi révélé des failles, des fragilités: notre dépendance à d’autres continents pour nous procurer certains produits, nos lourdeurs d’organisation, nos inégalités sociales et territoriales. Mais je veux que nous tirions toutes les leçons de ce que nous avons vécu.“
„Nous devons, ensemble, faire différemment“, a insisté Emmanuel Macron, et „c’est dans cet esprit de concorde que j’ai demandé aux présidents des deux chambres parlementaires et du Conseil économique, social et environnemental de me proposer quelques priorités susceptibles de rassembler le plus grand nombre. C’est aussi dans cet esprit que j’ai engagé des consultations larges, que je poursuivrai durant les prochains jours.“ L’Elysée préparerait notamment une réforme de l’organisation territoriale, qui donnerait beaucoup plus de pouvoir aux collectivités locales. Reste à savoir si, face aux lourdeurs politiques et administratives françaises, un tel projet a une chance sérieuse de voir pleinement le jour d’ici la fin du quinquennat …
Zu Demaart
La guerre est finie? Bravo. Maintenant investissons dans le système de santé dégradé depuis 30 ans. Une nation n'est-elle pas d'autant plus "grande",quelle peut affronter sans problèmes des pandémies et autres catastrophes. Notre ennemi n'est pas en Russie ou en Lybie....comme on vient de constater.