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FranceLa législature s’ouvre dans un climat tendu qui augure mal de la suite

France / La législature s’ouvre dans un climat tendu qui augure mal de la suite
Elisabeth Borne a échappé à la motion de censure lancée contre elle et son gouvernement dans l’Assemblée nationale Photo: AFP/Bertrand Guay

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Sans surprise, le gouvernement de Mme Borne a échappé à la motion de censure qu’avaient lancé contre lui les députés de la Nupes, pilotée, de l’extérieur du Parlement dont il n’est plus membre, par Jean-Luc Mélenchon. Mais l’atmosphère générale des débuts de cette législature laisse mal augurer de sa durée, même si une dissolution n’est guère évoquée pour l’instant, et de sa fécondité législative.

Certes, cette motion de censure, qui avait été déposée avant même que la première ministre expose son programme, aura paradoxalement servi les macronistes. En ne recueillant que 146 voix sur les 289 qui auraient été nécessaires pour renverser le gouvernement, chiffre qui était notoirement hors de portée des mélenchonistes, elle est en effet venue souligner, assez cruellement pour ces derniers, que les gesticulations du président de La France Insoumise étaient appelées à se briser sur l’implacable arithmétique parlementaire.

Pis encore: elle a montré que non seulement la Nupes ne parvenait pas à rassembler d’autres suffrages que les siens, en dehors d’un élu isolé d’extrême droite, Nicolas Dupont-Aignan, mais qu’elle ne parvenait même pas à faire le plein de ses propres voix, puisqu’il lui aura manqué celles de six députés socialistes. M. Mélenchon lui-même avait pourtant menacé publiquement de ses foudres d’éventuels défecteurs. Mais il semble de moins en moins sûr que son caporalisme exacerbé séduise durablement ceux qui ont un temps cru devoir, par nécessité électorale, passer sous son implacable férule.

Du côté du pouvoir, on n’est pas loin, en tout cas, de considérer que cet échec de la motion de censure compense, au fond, le fait que Mme Borne n’ait pas osé demander à l’Assemblée, à l’issue de sa déclaration de politique générale, la confiance qui lui aurait été refusée, faute de majorité absolue. Fort maladroitement, la présidente du groupe de La France Insoumise, Mathilde Panot, qui défendait la motion à la tribune, est d’ailleurs allée au-devant de cette interprétation commode en déclarant que ceux qui ne voteraient pas le texte présenté par la gauche se positionneraient en soutiens du gouvernement …

Surenchères sur le pouvoir d’achat

Il est vrai que cette pique était surtout destinée au Rassemblement national. Lequel, tout à son effort de banalisation parlementaire après la réussite de sa dédiabolisation dans l’opinion, et soucieux d’apparaître comme la seule opposition constructive, avait annoncé qu’il ne voterait pas la motion. Mais au cas où la majorité relative macroniste en aurait tiré des conclusions trop optimistes pour l’avenir, la suite des débats s’est chargée de lui montrer qu’il y avait toujours péril en la demeure.

C’est l’ouverture de l’examen d’un premier projet de loi, en l’occurrence sur le Covid (projet qui comportait notamment la possibilité de rétablir le passe sanitaire aux frontières, et excluait la réintégration des personnels hospitaliers refusant toujours de se faire vacciner) qui l’a montré. La France Insoumise a en effet déposé une „motion de rejet préalable“, dispositif qui permet aux députés de décréter qu’il n’y a même pas lieu de délibérer sur le projet qui leur est soumis. Pour le coup, le RN a ajouté ses voix à celles de la Nupes, et il s’en est fallu de peu que la motion ne passe: elle a recueilli 174 voix contre 192.

Ce n’est pas tant ce chiffre en lui-même qui a sonné aux oreilles de la majorité relative comme un avertissement, mais plutôt le fait que le RN et la gauche puissent se retrouver sur un même texte hostile au gouvernement, contrairement à ce qui avait été le cas pour la motion de censure – ce qui a d’ailleurs suscité chez les macronistes de nombreuses déclarations sur le thème: „Les extrêmes, comme d’habitude, se rejoignent.“

Mais cette modeste péripétie en cache une autre, peut-être plus préoccupante: en commission parlementaire des Affaires sociales, un accord avait été conclu autour de ce projet de loi sanitaire, et il a volé en éclats dès les premières minutes du débat. Qu’en sera-t-il, dans quelques jours, avec l’important projet gouvernemental sur le pouvoir d’achat? Un projet à propos duquel toutes les oppositions, y compris les Républicains, rivalisent de surenchères, jugées par l’exécutif incompatibles avec les efforts à mener pour réduire l’énorme dette publique.