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FranceIndignation après la révélation de liens privilégiés entre Macron et Uber

France / Indignation après la révélation de liens privilégiés entre Macron et Uber
Pacte „secret“ contre „toutes nos règles“: des élus de gauche ont dénoncé les liens qui ont uni Emmanuel Macron et la société Uber Photo: AFP/Ludovic Marin

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Alors ministre, Macron en a-t-il „trop fait“ pour faciliter l’arrivée de Uber en France? Un groupe de journalistes l’accuse d’avoir cédé à un lobby.

Emmanuel Macron a-t-il mis, lorsqu’il était ministre de l’Economie de François Hollande, son influence gouvernementale au service de la société américaine Uber, basée à San Francisco et spécialiste des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport, les fameux VTC (Véhicules de tourisme avec chauffeur) si critiqués par les taxis professionnels.

C’est en tout cas ce dont il est accusé par un groupe international de journalistes d’investigation qui, en examinant quelque 120.000 documents internes de la firme Uber auxquels il a réussi à avoir accès, a lancé cette accusation. Laquelle fait évidemment grand bruit depuis hier dans les médias français … et tombe on ne peut plus mal pour un président qui se débat déjà dans une situation parlementaire des plus malcommodes.

De quoi s’agit-il plus exactement? Selon ces documents internes à la société Uber, les représentants de cette dernière auraient réussi à conclure avec Macron, alors ministre, un accord tendant à leur faciliter grandement leur implantation en France, en particulier avec la simplification des conditions nécessaires à l’obtention d’une licence de VTC. Dans ces notes et e-mails internes à la société, les dirigeants de Uber se félicitent d’ailleurs, avec une pointe de surprise amusée, de la bienveillance du ministre, lequel serait allé jusqu’à leur suggérer de fournir à des parlementaires amis des propositions d’amendements „clés en main“.

Or il se trouve que les examens sont longs et difficiles pour les chauffeurs de taxi, qui doivent en outre, pour pouvoir s’établir à Paris, s’acheter une coûteuse licence et payer des assurances spécialement élevées. En outre, et peut-être surtout, la société Uber semble s’être allègrement affranchie des normes françaises du droit du travail – elle a d’ailleurs déjà dû s’en expliquer en justice, en appelant à l’occasion au secours, en cette fois-ci, M. Macron – et, d’une manière générale, pratiquer des mœurs sociales pour le moins brutales. Et pour faire bonne mesure, le ministre des Transports de l’époque, Alain Vidalies, qui pilotait en principe le dossier, a assuré hier „tomber des nues“ en apprenant que son collègue de l’Economie avait négocié, seul dans son coin, de tels arrangements avec Uber.

Concert de protestations

Comme on pouvait l’imaginer, ces révélations ont aussitôt suscité un concert de protestations du côté de l’opposition. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panot, a ainsi dénoncé un „pillage du pays“, Emmanuel Macron ayant été, selon elle, „à la fois conseiller et ministre de François Hollande et lobbyiste pour une multinationale états-unienne visant à déréguler notre droit du travail“. Quant au n°1 du PCF, Fabien Roussel, il a jugé qu’en la circonstance „Emmanuel Macron a joué contre toutes nos règles, tous nos acquis sociaux et contre les droits des travailleurs“.

Les Républicains, de leur côté, sans faire autant de bruit, estiment tout de même que le chef de l’Etat „va devoir rendre des comptes à la Nation“. Et Jordan Bardella, président du rassemblement national, de surenchérir: „Le parcours d’Emmanuel Macron a une cohérence, un fil rouge: servir des intérêts privés, souvent étrangers, avant les intérêts nationaux.“

De leur côté, les macronistes ont cherché à banaliser l’annonce, en soulignant, à l’instar de la présidente de leur groupe à l’Assemblée, Aurore Bergé, qu’à leurs yeux il n’y avait eu „aucun accord secret ou suspect, mais simplement un ministre de l’Economie qui a reçu publiquement une entreprise voulant s’implanter en France, développer un service plébiscité par les Français, et créer de l’emploi.“ Ajoutant ensuite à la télévision: „Avouez que nous sommes un drôle de pays, où certains condamnent le simple fait de chercher à attirer chez nous des investisseurs étrangers, comme si nous n’en avions aucun besoin!“