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FranceLe retour en force du coronavirus inquiète le pouvoir

France / Le retour en force du coronavirus inquiète le pouvoir
Avec l'arrivée des beaux jours se manifestait aussi l’envie de se rattraper des rigueurs d'un printemps sombre et anxiogène – quitte à oublier que le risque était toujours là Photo: AFP/Valéry Hache

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La France se trouve actuellement confrontée, si ce n’est encore à une vraie „deuxième vague“ de l’épidémie du coronavirus, tant redoutée des experts, du moins à une reprise inquiétante du nombre de cas d’infection détectés, et des hospitalisations, même s’il s’agit rarement d’urgences justifiant la mise des patients en réanimation. Ce qui fait évidemment peser une ombre sur la rentrée.

Il aura d’ailleurs fallu attendre le 20 août au soir pour que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, évoque cette échéance pour ce qui concerne son domaine, celui de l’école et de l’université, à seulement une dizaine de jours de la date fixée au 1er septembre pour les secteurs primaire et le secondaire. Et cela en confirmant que cette rentrée scolaire aurait lieu „normalement“, sauf quelques cas bien localisés, mais avec le port du masque généralisé pour tous les élèves, et bien entendus meurs enseignants.

D’une manière plus générale, le gouvernement est pris entre deux nécessités. La première est d’assurer vaille que vaille un grand retour au travail dans les entreprises et les administrations, en dépit de nouveaux chiffres de contamination préoccupants: l’économie française, déjà très durement éprouvée par les conséquences de l’épidémie, risquerait en cas de deuxième confinement généralisé de connaître une véritable tragédie. La seconde est de tout mettre en œuvre pour que ce retour à une vie plus normale en septembre ne se traduise pas par une flambée de la Covid-19.

Des signaux préoccupants

Or l’été n’a envoyé à cet égard que des signaux préoccupants. Les chiffres de la contamination sont repartis à la hausse – il est vrai que celle-ci est désormais détectée par des tests considérablement plus nombreux – et ceux de la prudence populaire à la (forte) baisse. Il y avait certes, après deux mois de confinement et à l’arrivée des beaux jours, une envie quasi-générale de se rattraper en juillet-août, en famille ou entre amis, des rigueurs d’un printemps sombre et anxiogène – quitte à oublier que le risque, lui, était toujours là.

Le virus qui se propage en ce moment est le même que celui qui a déjà coûté la vie à plus de 30.000 Français

Olivier Véran, ministre de la Santé

De grandes fêtes où ni la distanciation physique ni le port du masque n’étaient respectés ont fait des ravages, chez les jeunes en particulier. Des jeunes certes moins vulnérables que leurs aînés, mais qui peuvent les contaminer sans même s’en rendre compte. Même remarque pour les plages, les marchés, les restaurants et les bistrots, où l’obligation de porter un masque cesse dès que l’on s’assied à une table pour consommer. Bref, l’euphorie des vacances d’été, poussée par le soleil, a sensiblement réduit les ardeurs prophylactiques du printemps.

Pourtant, rappelait hier le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, „le virus qui se propage en ce moment est le même que celui qui a déjà coûté la vie à plus de 30.000 Français. Et seul le profil des malades a changé: ils sont plus jeunes, et donc moins symptomatiques“. Ces derniers jours, différents experts ont avancé l’hypothèse d’une mutation du virus qui expliquerait la moindre mortalité en France depuis que les contaminations ont repris leur progression. Mais pour M. Véran, „aucun argument scientifique, hélas, ne vient étayer cette théorie“.

Difficile rendez-vous de septembre

Et puisque l’on parle de symptômes, il en est un autre qui, non pas médical mais politique celui-là, pourrait bien préoccuper aussi le pouvoir: le dernier sondage de popularité concernant les deux têtes de l’exécutif, le président et son premier ministre, se solde par un léger fléchissement pour Emmanuel Macron, manifestement fort occupé ces derniers jours par les affaires internationales, mais surtout par une baisse de huit points pour le chef du gouvernement, Jean Castex, pourtant omniprésent sur tous les fronts intérieurs et notamment celui du coronavirus.

Entre la généralisation du port du masque dans les entreprises, désormais officielle, les incertitudes de la rentrée scolaire, la multiplication des plans sociaux, voire des faillites, et donc l’explosion du chômage, et l’exaspération d’une partie au moins de l’opinion face aux contraintes de la lutte contre le coronavirus, le mois de septembre s’annonce décidément comme un rendez-vous difficile pour le pouvoir macronien. Tout cela à 18 mois de l’élection présidentielle …