Il était le héros du Brexit, ayant offert aux conservateurs une victoire historique en 2019. Un peu plus de deux ans plus tard, Boris Johnson voit sa résistance insolente aux crises mise à l’épreuve comme jamais par le scandale du „partygate“.
Va-t-il encore se sortir de cette tempête, comme a toujours su le faire ce voltigeur de la politique, leader pressé sans état d’âme et peu intéressé par les détails ou la vérité?
Ses critiques l’admettent dans son parti, seul à même de le déloger: avec la guerre en Ukraine, ce n’est pas le moment de se débarrasser pour une simple amende du Premier ministre, qui il y a à peine quelques jours parcourait à pied les rues de Kiev avec le président Volodymyr Zelensky, lui promettant plus d’armes pour combattre la Russie.
Et l’émotion créée par les fêtes parfois arrosées organisées à Downing Street, sa résidence officielle, pendant les confinements semble être retombée au moment où les Britanniques se montrent soucieux de tourner la page du Covid-19.
Pourtant, l’homme du Brexit, à 57 ans, entre désormais dans l’histoire comme le Premier ministre britannique en exercice ayant enfreint la loi. Aggravant son cas, il avait assuré à la Chambre des Communes qu’il estimait n’avoir rien fait d’illégal.
Dans l’opinion, la popularité longtemps à toute épreuve du dirigeant à la chevelure paille désordonnée, souvent appelé simplement „Boris“ par les Britanniques, a dévissé depuis décembre, au fil des révélations sur les fêtes.
Les appels à la démission ont un temps fusé jusque dans sa majorité, montrant que le soutien de son camp n’était pas indéfectible. Des jeunes élus qui lui doivent leur accession au Parlement n’ont pas hésité à le défier.
L’horizon s’est assombri pour celui qui avait affranchi le Royaume-Uni de l’Union européenne et promettait un avenir radieux à ses administrés, avec un accent rappelant Winston Churchill (dont il a écrit une biographie).
Boris Johnson a aussi montré les aspects plus contestables de sa personnalité, accusé d’imprévoyance dans sa gestion initiale du Covid-19. La pandémie a fait plus de 170.000 morts au Royaume-Uni et lui même a failli en mourir. Sa gestion de l’après-Brexit a souvent été décrite comme brouillonne.
Et alors qu’il continue à défendre sa vision d’un pays ou tout le monde serait „tiré vers le haut“, les ménages subissent actuellement une chute historique de leur pouvoir d’achat sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et de la hausse des cotisations sociales. Alors qu’il avait promis une immigration sous contrôle, le nombre de clandestins traversant la Manche a triplé en 2021.
Mais rien de tout cela ne semble suffire à renverser „Boris Teflon“, né à New York le 19 juin 1964 et qui, tout petit, voulait selon sa soeur Rachel être le „roi du monde“. Après une enfance partiellement passée à Bruxelles où son père était fonctionnaire européen, il a suivi le parcours fléché de l’élite britannique: Eton College puis l’université d’Oxford. Il se lance ensuite dans le journalisme au Times, qui le licencie un an plus tard pour une citation inventée. Le Daily Telegraph le repêche et l’envoie à Bruxelles, de 1989 à 1994, où à coup d’approximations il tourne les institutions européennes en ridicule. Déjà il aime la controverse et n’est pas à un revirement près.
Elu député en 2001, Boris Johnson ravit la mairie de Londres aux travaillistes en 2008. Il y reste huit ans, se taille une stature internationale, aidé par les Jeux olympiques. L’une des principales figures de la campagne du Brexit, il est nommé chef de la diplomatie sous Theresa May. Il prendra sa place comme Premier ministre en juillet 2019 puis convoque des élections anticipées. Avec un slogan simple, „réalisons le Brexit“, il décroche la plus large majorité conservatrice depuis Margaret Thatcher dans les années 1980.
Sa vie privée est à la hauteur du personnage. Après un premier mariage annulé au bout de quelques mois, il s’est marié deux fois, en 1993 et 2020 et a au moins sept enfants, dont les deux plus jeunes nés de son mariage, en 2020, avec Carrie Symonds, ancienne chargée de communication politique.
(AFP)
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