Il traite de „ce qui s’est passé dans les différents ,dancings‘ qui longeaient dans le temps la rue d’Audun“ et „qui est de nos jours presque effacé de la mémoire des ,jeunes de l’après-guerre‘ et quasi inimaginable sinon impensable pour notre génération actuelle de ,discofans‘“. Et vous, saviez-vous que de l’immédiat après-guerre à la fin des années 1960, Esch-sur-Alzette était un haut-lieu de la fête? Les „dancings“ et autres „salles“ organisant des bals prospéraient tout particulièrement sur un tronçon de la rue d’Audun s’étendant du haut de la rue du Brill au passage à niveau séparant les quartiers „Grenz“ (Frontière) et „Hiehl“ (Hoehl). A l’époque, cette rue d’Audun était bien plus longue qu’aujourd’hui, puisqu’elle se prolongeait jusqu’au coin avec l’avenue de la Gare, à proximité de la gare ferroviaire.
Ma grand-mère avait 18 ans en 1949, lorsque sa mère l’emmena dans un des dancings de la frontière. Des orchestres y jouaient la meilleure musique de danse du moment. La plupart des jeunes filles y étaient accompagnées par leurs pères; ma grand-mère, elle, n’avait plus le sien. Pourtant, ce n’est pas tant pour la chaperonner que sa mère s’y rendait avec elle, c’était parce qu’elle-même aimait danser. Elle avait ses raisons: la quarantaine, mère de trois enfants, elle était déjà veuve par deux fois. Au milieu du 20e siècle, les dancings étaient les lieux par excellence où l’on pouvait rencontrer du monde. Ma grand-mère y fit ainsi la connaissance de mon grand-père. La mémoire lui fait défaut quant au nom exact du lieu: était-ce chez Hein? Chez Rossi? Chez le fils Welter? Elle est rarement retournée à la Frontière après son mariage et a ensuite passé presque une décennie au Brésil, où mon grand-père fut envoyé par l’Arbed. Aujourd’hui, âgée de 90 ans, ces souvenirs lui semblent bien lointains.
D'Erzi hat déi beschte Panzerotti. Do huet een sech nach d'Maul no enger hallwer Stonn verbrannt wann een domat zu Diddeleng ukomm ass.