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Désordres et violences au Stade de FranceParis met en cause les Britanniques … pourtant, aucun d’entre eux n’a pu être interpellé

Désordres et violences au Stade de France / Paris met en cause les Britanniques … pourtant, aucun d’entre eux n’a pu être interpellé
La situation chaotique de la finale de la Ligue des champions a également des conséquences politiques Photo: AFP/Thomas Coex

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Une énorme fraude sur les billets d’entrée a provoqué le chaos avant la finale de la Ligue des champions entre le FC Liverpool et le Real Madrid, selon les constatations du gouvernement français. Pourtant, aucun Britannique n’a pu être interpellé.

Avec un peu de recul, il apparaît que les „incidents autour du Stade de France“, comme on se contentait de les baptiser samedi soir, ont en fait constitué un véritable fiasco pour les organisateurs de la finale de football de la Ligue des champions de l’UEFA, qui opposait le Real Madrid, finalement vainqueur, à Liverpool. Une réunion des ministres concernés a été organisée lundi matin, et celui de l’Intérieur, Gérald Darmanin, doit être auditionné mardi après-midi par le sénat.

Des incidents spectaculairement graves, comme on le clame un peu partout, et pas seulement dans les rangs de l’opposition. Et cela même si l’exécutif va répétant, à l’instar de M. Darmanin, et bien qu’il y ait eu 238 personnes prises en charge par les services de secours, 105 interpellations et 73 mises en garde à vue, qu’il „ne faut rien exagérer puisqu’il n’y a eu aucun mort“. Défense pour le moins malencontreuse: si l’on en est là, si l’unité de mesure du succès d’une rencontre sportive et de sa bonne organisation est le nombre de personnes tuées, c’est vraiment que la société française s’est redoutablement „ensauvagée“, et que les responsables de l’ordre public ne maîtrisent plus grand-chose.

Plus concrètement, les pouvoirs publics, pour expliquer les scènes de débordement total des forces de l’ordre et des stadiers par des groupes forçant tous les barrages au détriment des authentiques amateurs de football qui avaient, eux, dûment payé leurs billets, avancent deux arguments. L’un et l’autre provoquant de la part des Britanniques une compréhensible exaspération, qui s’est exprimée tant par des voies officielles que sur les réseaux sociaux.

Premier argument: cette effroyable pagaille a été principalement provoquée par un très grand nombre de faux billets d’entrée. Les vérificateurs, débordés par les rejets des appareils de contrôle, ont conclu que ceux-ci ne fonctionnaient pas, et le préfet de police a ordonné la levée de ces contrôles pour éviter que la foule ne vienne s’écraser sur les grilles entourant le stade. Le ministre de l’Intérieur avance même le chiffre, très invraisemblable selon les témoins sur place, de quelque 40.000 fraudeurs.

Second argument: les supporters britanniques, dit-on côté français, ont pour tradition de suivre leurs clubs pour les matches à l’étranger, avec ou sans billet, ils seraient notoirement brutaux et fortement alcoolisés au moment des rencontres. En réalité, ceux que l’on a pu voir à la télévision étaient très majoritairement pacifiques, quoique irrités, et brandissaient non pas des bouteilles, des fumigènes ou des bâtons, mais leur (vrai) billet d’entrée, qui leur avait coûté jusqu’à 600 euros. Les plus chanceux, si l’on peut dire, de ces quelque 3.000 spectateurs potentiels bloqués ou refoulés ont pu rejoindre l’intérieur du stade à la mi-temps … Ils devraient d’ailleurs être défrayés.

Au pire moment …

D’une manière générale, cette hâte des pouvoirs publics français à rejeter sur le Royaume-Uni la responsabilité de la faillite de cette soirée sportive a créé non seulement un moment de tension dans les relations trans-Manche, mais aussi un certain malaise en France-même. Et cela d’autant plus que parmi les auteurs de dégradations et de brutalités arrêtés samedi soir en flagrant délit ne figure aucun Britannique! En revanche, les deux tiers d’entre eux, selon la police, habitent les banlieues avoisinant le stade, construit dans le département réputé „difficile“ de Seine-Saint-Denis.

Quant à l’UEFA, à laquelle le gouvernement français affecte de réclamer bruyamment des comptes, elle n’est pas la dernière à s’indigner, en faisant valoir que la sécurité extérieure aux enceintes sportives où elle organise des rencontres relève des autorités hôtes. Non sans souligner aussi que les conséquences de la grève partielle des transports parisiens qui avait lieu ce jour-là, tout comme l’afflux indéniablement massif de supporters britanniques (bien plus nombreux que leurs homologues espagnols) auraient pu être anticipées par les responsables français.

Bref, ces désordres largement télévisés, suivis d’un visible embarras officiel, constituent un caillou de plus dans la chaussure de l’exécutif. Et cela au pire moment: à deux semaines des législatives, et à deux ans des Jeux olympiques de Paris … Quant à la toute nouvelle ministre des Sports, Amélie Oudéra-Castéa, ex-directrice générale de la Fédération française de tennis, elle aura sans doute regretté que son baptême du feu gouvernemental soit si brutal, et que le football ne suscite décidément pas la même retenue distinguée que son sport de prédilection.