Du côté des politiques, la droite a surtout mis l’accent sur le fait que le chef de l’Etat avait explicitement reconnu que les pouvoirs publics avaient tout d’abord été pris de court par la crise. Le numéro deux des Républicains, Guillaume Peltier, a ainsi déclaré: „Emmanuel Macron a enfin reconnu les failles du système bureaucratique et financier qu’il avait promu.“ Et Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, de surenchérir: „On a eu un début de mea culpa plutôt bienvenu et rare chez le président de la République.“
Sans surprise, les deux grands partis populistes, le Rassemblement national de Marine Le Pen et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon – lequel a notamment évoqué la „stratégie hasardeuse» du pouvoir macronien – ont, eux, vivement critiqué les propos de l’homme de l’Elysée, tout comme le PCF qui a estimé que „tout cela reste vague et arrive trop tard“.
Un manque de perspectives claires et de calendrier
Mais c’était surtout l’opinion publique, dans sa masse, que cette intervention présidentielle, la quatrième en un mois sur ce sujet, visait à rassurer et si possible à convaincre, dans un contexte où beaucoup de Français se plaignaient non pas tant du confinement en lui-même que du manque de perspectives claires et de calendrier. De ce point de vue, les premiers sondages réalisés semblaient plutôt encourageants pour le pouvoir, considérés en bloc, mais sensiblement plus nuancés lorsque l’on entre dans le détail des mesures annoncées par M. Macron lundi soir.
Globalement, en effet, l’annonce de la prolongation jusqu’au 11 mai au moins du confinement à domicile auquel ils sont astreints depuis plus de quatre semaines déjà ne semble pas avoir heurté outre mesure les auditeurs du chef de l’Etat. Même si, bien sûr, beaucoup d’entre eux, coincés en nombre dans de petits logements ou voués, au contraire (souvent pour les plus âgés), à une éprouvante solitude, commencent à trouver le temps long. Mais l’idée selon laquelle la victoire sur la pandémie est à ce prix paraît désormais bien ancrée dans l’opinion.
En revanche, la perspective de rouvrir progressivement les établissements d’enseignement (sauf les facultés) à compter de cette date suscite des inquiétudes. Sans doute nombre de parents y voient-ils la possibilité de reprendre le travail, sans avoir à rester à la maison pour garder leurs enfants. Mais d’autres craignent que l’inévitable promiscuité des écoles ne favorise la contagion: comment, quoi qu’en ait dit le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer hier matin, faire respecter les „mesures-barrières“ censées s’opposer à la circulation du virus?
Les cantines oui, les restaurants non
Sur un autre plan, on saisit mal la logique qui a prévalu pour l’élaboration de la liste des commerces autorisés à reprendre leur activité. Pourquoi les fleuristes mais pas les coiffeurs, par exemple? Et quel sera, au cas par cas, le sort des marchés publics? Quant au maintien de la fermeture du secteur de l’hôtellerie-restauration, elle semble à beaucoup un peu contradictoire avec la réouverture des écoles: les cantines scolaires vont fonctionner à nouveau mais pas les restaurants.
Enfin, l’obligation de demeurer confinés qui va être faite aux plus de 70 ans, selon toute vraisemblance, est très mal perçue par nombre de septuagénaires en très bonne santé, lesquels ne comprennent pas d’être ainsi rangés parmi „les plus vulnérables», selon la formule présidentielle. De fait, sur la base des propos tenus lundi, un grand malade de 60 ans pourra (en principe) se promener librement, après le 11 mai, tandis qu’un couple en pleine forme de 70 devra encore rester chez lui …
Zu Demaart
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