«Le Royaume-Uni ne peut pas continuer à protéger du fisc de leur pays d’origine les grandes fortunes d’Europe», a expliqué M. Juncker dans un entretien au quotidien suisse Le Temps, faisant allusion «aux territoires dépendant de la Couronne britannique» tels que Jersey, Guernesey et l’île de Man. «A partir du moment où le G20 se décide à réglementer davantage et à examiner le paysage des paradis fiscaux, ses membres doivent être irréprochables», a insisté le Premier ministre luxembourgeois ajoutant qu’il comptait «exiger des actes» lors du prochain sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles.
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont fait de la lutte contre les paradis fiscaux un de leurs chevaux de bataille dans un objectif de réforme et de moralisation de la finance internationale, s’attaquant plus particulièrement à la Suisse et au Luxembourg.
Sous la pression et à quelques semaines de la réunion des vingt premières économies mondiales du G20 le 2 avril à Londres, le Luxembourg comme la Suisse, l’Autriche et le Liechtenstein, ont fini par lâcher du lest la semaine dernière sur leur secret bancaire en s’engageant à respecter les critères de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais la pression n’est pas retombée pour autant.
Selon diverses sources, la Suisse et le Luxembourg figurent sur un projet de liste des pays non coopératifs en matière fiscalité de l’OCDE qui doit être soumis au G20. «Je suis personnellement très inquiet de la surenchère actuelle, en France et en Allemagne notamment contre le secret bancaire suisse ou luxembourgeois», a expliqué M. Juncker dénonçant «non seulement de l’exagération mais une arrogance et une condescendance perturbante».
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