Voici une sélection de disques sortis cette semaine:
Depeche Mode: «Sounds of the Universe» (EMI). C’est le douzième opus d’un des groupes phares de l’électro-pop anglaise. Un album fait pour précéder un retour sur scène très attendu. Depuis les années 90, le trio emmené par son charismatique chanteur Dave Gahan ne suscite plus autant d’intérêt. Mais tout de même. Chaque disque contient au moins son tube. Dans le surprenant et dépouillé «Exciter» (en 2001) on trouvait «Dream On». Dans le sombre «Playing The Angel» (en 2005), on retenait «Precious». Dans cette nouvelle livraison, le single «Wrong» et son cri perçant devrait faire carrière. Il n’est peut-être pas à la hauteur d’autres titres comme «Fragile Tension» ou «Little Soul» aux mélodies particulièrement efficaces, portées essentiellement par les synthétiseurs analogiques et le chant lyrique de Dave Gahan. Autres perles, «Hole to Feed» qui associe des sonorités acoustiques proches du blues à d’autres très industrielles. Les fans aimeront aussi l’émouvante ballade «Jezebel», interprétée par Martin Gore, la tête pensante du groupe. Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher savent encore surprendre. Leur collaboration avec Ben Hillier, l’un des producteurs de Blur, n’est certainement pas étrangère à cette réussite. Depeche Mode se produira à Paris au Stade de France le 27 juin, à Nancy le 28, et à Lyon le 23 novembre.
Juliette Gréco: «Je me souviens de tout» (Polydor/Universal). Celle que l’on a baptisée «la muse de Saint-Germain-des-Prés» dit souvent ne pas être nostalgique. En revanche, le personnage qu’elle joue dans ce disque l’est souvent. «J’ouvre la boîte aux souvenirs», chante-t-elle sur «Dans ma chambre de dame», écrite par Olivia Ruiz. La jeune chanteuse n’est pas la seule à avoir signé un texte pour «La rose noire». Orly Chap et Adrienne Pauly font partie du casting tout comme Christophe Miossec et Abd Al Malik, auteur de «Madame Rosa» en hommage Rosa Parks, l’emblème de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. Elle avait refusé de céder sa place réservée aux Blancs dans un bus. Les plus anciens -Brigitte Fontaine ou encore Maxime Le Forestier- ont aussi apporté leur concours. A 82 ans, aux côtés de son compagnon Gérard Jouannest (le pianiste de Brel) et de l’accordéoniste Jean-Louis Matinier, Juliette Gréco met en avant de jolis textes. Elle se produira à Paris les 4, 5, 8 et 10 juin au Théâtre des Champs-Elysées.
Calogero: «L’embellie» (Mercury). Deux ans après la sortie de «Pomme C» aux sonorités pop-rock anglo-saxonnes, Calogero revient à un style plus dépouillé et en profite pour faire de belles rencontres avec des auteurs de talent comme Dominique A, signataire de «La Fin de la fin du monde», un texte superbe soutenu par une avalanches de cordes. Kent et Dick Annegarn participent aussi à ce virage bien négocié. Le chanteur belge lui a écrit «Tu n’as qu’à m’attraper», un clin d’oeil à ses deux filles. Ses fidèles collaborateurs sont toujours là comme Jean-Jacques Goldman, auteur et compositeur du single «C’est dit». Marc Lavoine signe «Nathan», une chanson sur le handicap, tirée de son expérience avec le magazine «Le papotin», réalisé par des enfants autistes. Grand Corps Malade le rejoint sur «L’ombre et la lumière». Le chanteur âgé de 37 ans semble aussi influencé par William Sheller. «La bourgeoisie des sensations» soutenue par des cordes et des violons est une jolie symphonie de poche. Avec ce cinquième disque, Calogero devrait retrouver ceux qui l’avaient boudé à cause de ses escapades rock.
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