Les histoires que racontent Deimantas Narkevicius se fondent très bien dans les locaux de la Konschthal, avec lesquels elles partagent la sinuosité, les enchevêtrements et les multiples niveaux (de lecture). On pourrait, pour forcer la métaphore, ajouter que l’esprit de l’escalier hante les lieux comme son œuvre mûrement réfléchie et référencée pour confronter les époques, les supports et le discours. Narkevicius ne craint pas les anachronismes et s’en sert pour rompre une vision trop linéaire de l’histoire.
1989 n’aura pas été la fin de l’histoire, pas plus qu’il n’aura été pour la Lituanie celui du basculement espéré. D’ailleurs, la première fois que le directeur artistique de la Konschthal, Christian Mosar, a fait connaissance avec l’artiste lituanien, c’était à travers une œuvre qui ironisait sur les gains de la période post-soviétique. C’était en 1998, Deimantas Narkevicius participait à la jeune biennale itinérante d’art contemporain Manifesta, dont la deuxième halte était Luxembourg, avec la video „Europa“. On l’y voyait clamer qu’il voulait profiter de sa liberté nouvelle pour aller au centre de l’Europe. Et au bout de 20 minutes d’un voyage lunaire, il avait englouti les 26 kilomètres qui séparaient Vilnius du centre de l’Europe tel qu’un an avant son indépendance autoproclamée, des géographes français l’avaient justement localisé en Lituanie. A l’époque, l’endroit n’était pas encore la destination touristique qu’il allait devenir après l’entrée de la Lituanie dans l’Union européenne en 2004.
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